Bible:S:Le Cantique des cantiques
<!--1_0--><!--1_1--><p><small>1</small>Le plus beau des chants, composé par Salomon.</p>
<!--1_2--><h2>Célébrons l'amour</h2>
<q><small>2</small>« Ah ! que ta bouche | me couvre de baisers,<br/>car ton amour | est plus exaltant que le vin.</q>
<!--1_3--><q><small>3</small>Combien suaves | sont tes parfums,<br/>ton nom est comparable | à une huile odorante | qui se répand.<br/>Voilà pourquoi | les jeunes filles | sont éprises de toi.</q>
<!--1_4--><q><small>4</small>Entraîne-moi derrière toi ! | Courons ensemble ! »</q></p>
<q>« Le roi m'a fait entrer | dans ses appartements. »</q><h2>Le choeur</h2>
</p>
<q>« Réjouissons-nous, | soyons dans l'allégresse | à ton sujet !<br/>Célébrons ton amour | plus exaltant que le bon vin !<br/>C'est bien avec raison | qu'on est épris de toi. »</q>
<!--1_5--><q><small>5</small>« Ô filles de Jérusalem, | je suis bronzée, | et pourtant, je suis belle,<br/>pareille aux tentes de Qédar, | aux tentures de Salomon.</q>
<!--1_6--><q><small>6</small>Ne vous étonnez pas | si je suis bien brunie,<br/>le soleil m'a hâlée,<br/>car les fils de ma mère, | irrités contre moi,<br/>m'ont fait garder les vignes,<br/>oui, mais ma vigne à moi, | je ne l'ai pas gardée.</q>
<!--1_7--><q><small>7</small>Ô toi que mon coeur aime,<br/>dis-moi où tu fais paître | ton troupeau de brebis,<br/>où tu feras la halte | à l'heure de midi,<br/>pour que je ne sois pas | comme une femme errante,<br/>rôdant près des troupeaux | que tes compagnons gardent. »</q>
<!--1_8--><q><small>8</small>« Si tu ne le sais pas, | ô toi, la plus belle des femmes,<br/>va donc suivre les traces | du troupeau de brebis,<br/>fais paître tes chevrettes | près des huttes des pâtres. »</q>
<!--1_9--><h2>Avec les yeux de l'amour</h2>
<q><small>9</small>« Ô mon amie, | je te trouve pareille<br/>aux chevaux d'attelage | du pharaon.</q>
<!--1_10--><q><small>10</small>Tes joues sont belles | entre les perles,<br/>ton cou est beau | dans tes colliers,</q>
<!--1_11--><q><small>11</small>nous te ferons | des perles d'or<br/>tout incrustées | de points d'argent. »</q>
<!--1_12--><q><small>12</small>« Jusqu'à ce que le roi | parvienne à son enclos,<br/>mon nard exhale son parfum.</q>
<!--1_13--><q><small>13</small>Car mon bien-aimé est pour moi | comme un sachet de myrrhe,<br/>entre mes seins | il passera la nuit.</q>
<!--1_14--><q><small>14</small>Oui, mon bien-aimé est pour moi | un bouquet de henné<br/>des vignes d'Eyn-Guédi. »</q>
<!--1_15--><q><small>15</small>« Que tu es belle, | ma bien-aimée, | que tu es belle !<br/>Tes yeux ressemblent | à des colombes. »</q>
<!--1_16--><q><small>16</small>« Que tu es beau, mon bien-aimé, | tu es superbe !<br/>Notre lieu de repos | est un lit verdoyant.</q>
<!--1_17--><q><small>17</small>Les solives de nos maisons, | ce sont les cèdres,<br/>et les cyprès sont nos lambris. »</q><!--1_f-->

<!--2_0--><h2>Malade d'amour</h2>
<!--2_1--><q><small>1</small>« Moi, je suis une fleur | qui pousse dans la plaine du Saron,<br/>un lis de la vallée. »<br/></q>
<!--2_2--><q><small>2</small>« Oui, comme un lis | parmi des ronces est mon amie | parmi les filles. »</q>
<!--2_3--><q><small>3</small>« Comme un pommier | parmi les arbres | de la forêt<br/>est mon ami | parmi les jeunes gens,<br/>j'ai grand plaisir | à m'asseoir à son ombre.<br/>Combien son fruit est doux | à mon palais.</q>
<!--2_4--><q><small>4</small>Il m'a conduite | dans la maison du vin<br/>et il a déployé sur moi, | l'étendard de l'amour.</q>
<!--2_5--><q><small>5</small>Restaurez-moi | avec des gâteaux de raisins,<br/>soutenez-moi | avec des pommes,<br/>car je suis malade d'amour.</q>
<!--2_6--><q><small>6</small>Son bras gauche soutient ma tête,<br/>et son bras droit m'enlace.</q>
<!--2_7--><q><small>7</small>Ô filles de Jérusalem, | oh, je vous en conjure<br/>par les gazelles | ou par les biches | de la campagne :<br/>n'éveillez pas, | non, ne réveillez pas l'amour<br/>avant qu'il ne le veuille.</q>
<!--2_8--><h2>Le voici, il vient</h2>
<q><small>8</small>« J'entends mon bien-aimé,<br/>oui, le voici, il vient,<br/>sautant sur les montagnes<br/>et bondissant sur les collines.</q>
<!--2_9--><q><small>9</small>Mon bien-aimé ressemble | à la gazelle<br/>ou à un jeune cerf.<br/>Le voici : il est là, | derrière notre mur,<br/>guettant par les fenêtres<br/>et lançant des regards | à travers les treillis.</q>
<!--2_10--><q><small>10</small>Mon bien-aimé me parle,<br/>et il me dit :<br/>“Lève-toi, mon amie, | viens donc, ma belle,</q>
<!--2_11--><q><small>11</small>car l'hiver est passé<br/>et les pluies ont cessé, | leur saison est finie.</q>
<!--2_12--><q><small>12</small>On voit des fleurs éclore | à travers le pays,<br/>et le temps de chanter | est revenu.<br/>La voix des tourterelles | retentit dans nos champs.</q>
<!--2_13--><q><small>13</small>Sur les figuiers, | les premiers fruits mûrissent.<br/>La vigne en fleur | exhale son parfum.<br/>Lève-toi, mon amie, | et viens, | oui, viens, ma belle.”</q>
<!--2_14--><q><small>14</small>Ma colombe nichée | aux fentes du rocher,<br/>cachée au plus secret | des parois escarpées,<br/>fais-moi voir ton visage<br/>et entendre ta voix,<br/>car ta voix est bien douce | et ton visage est beau.</q>
<!--2_15--><q><small>15</small>Prenez-nous les renards,<br/>oui, les petits renards | qui ravagent nos vignes<br/>quand elles sont en fleur.</q>
<!--2_16--><q><small>16</small>Mon bien-aimé, il est à moi, | et moi, je suis à lui,<br/>lui qui paît son troupeau | sur les prés pleins de lis.</q>
<!--2_17--><q><small>17</small>Et quand viendra la brise<br/>à la tombée du jour,<br/>et quand s'estomperont les ombres,<br/>reviens, ô toi mon bien-aimé,<br/>pareil à la gazelle | ou à un jeune faon<br/>sur les monts escarpés.</q><!--2_f-->

<!--3_0--><h2>Pensées nocturnes</h2>
<!--3_1--><q><small>1</small>« Sur mon lit, au long de la nuit,<br/>j'ai cherché, j'ai cherché | celui que mon coeur aime.<br/>Je l'ai cherché, | mais ne l'ai pas trouvé.</q>
<!--3_2--><q><small>2</small>Je me suis dit alors : | Il faut que je me lève,<br/>je ferai le tour de la ville | par les rues et les places,<br/>je chercherai partout | celui que mon coeur aime.<br/>Je l'ai cherché, | mais je ne l'ai pas trouvé.</q>
<!--3_3--><q><small>3</small>J'ai rencontré les gardes | qui faisaient le tour de ville.<br/>Je leur ai demandé : | Celui que mon coeur aime, | ne l'avez-vous pas vu ?</q>
<!--3_4--><q><small>4</small>Les ayant dépassés,<br/>peu après, j'ai trouvé | celui que mon coeur aime.<br/>Je l'ai saisi bien fort, | et ne l'ai plus lâché<br/>qu'après l'avoir conduit | au logis de ma mère,<br/>dans la chambre de celle | qui m'a donné le jour.</q>
<!--3_5--><q><small>5</small>Ô filles de Jérusalem, | oh, je vous en conjure<br/>par les gazelles | ou par les biches | de la campagne :<br/>n'éveillez pas, | non, ne réveillez pas l'amour<br/>avant qu'il ne le veuille. »</q>
<!--3_6--><h2>Cortège royal</h2>
<q><small>6</small>« Qui monte du désert<br/>comme un nuage de fumée,<br/>aux senteurs de myrrhe et d'encens<br/>et de tous parfums exotiques ?</q>
<!--3_7--><q><small>7</small>Voici le palanquin, | le palanquin de Salomon<br/>escorté de ses soixante hommes,<br/>l'élite des guerriers en Israël.</q>
<!--3_8--><q><small>8</small>Ils sont tous armés de l'épée,<br/>ils sont initiés au combat.<br/>Chacun a l'épée au côté<br/>pour parer aux dangers nocturnes.</q>
<!--3_9--><q><small>9</small>Le palanquin royal | fait sur ordre de Salomon<br/>est en bois du Liban.</q>
<!--3_10--><q><small>10</small>Ses colonnes sont en argent,<br/>son dossier est en or,<br/>son siège est fait en pourpre.<br/>Les filles de Jérusalem<br/>ont tapissé avec amour | tout l'intérieur du palanquin.</q>
<!--3_11--><q><small>11</small>Ô filles de Sion, | sortez et contemplez<br/>le grand roi Salomon<br/>portant le diadème | dont le ceignit sa mère<br/>au jour de son mariage,<br/>au jour où tout son coeur | était rempli de joie. »</q><!--3_f-->

<!--4_0--><t>Que tu es belle, ô mon amie</t><!--4_1--><q><small>1</small>« Que tu es belle, | ô mon amie, | que tu es belle !<br/>Tes yeux ressemblent | à des colombes<br/>dessous ton voile,<br/>ta chevelure | est comme un troupeau de chèvres<br/>aux flancs du mont Galaad.</q>
<!--4_2--><q><small>2</small>Tes dents ressemblent | à un troupeau de brebis | passé aux mains des tondeurs<br/>qui reviendrait du lavoir.<br/>Chacune d'elles | a sa jumelle,<br/>aucune n'est solitaire.</q>
<!--4_3--><q><small>3</small>Voici tes lèvres | comme un ruban écarlate,<br/>combien ta bouche est charmante !<br/>Et tes tempes ressemblent | à des moitiés de grenades<br/>dessous ton voile.</q>
<!--4_4--><q><small>4</small>Ton cou ressemble | à la tour du roi David,<br/>bâtie comme un arsenal :<br/>mille rondaches | y sont pendues,<br/>tous les pavois des héros.</q>
<!--4_5--><q><small>5</small>Comme deux faons, | sont tes deux seins,<br/>comme deux jeunes gazelles | qui sont jumelles<br/>et qui vont paître | parmi les lis. »</q>
<!--4_6--><q><small>6</small>« Quand viendra la fraîcheur | avec la tombée du jour,<br/>et quand les ombres | s'estomperont,<br/>je m'en irai | vers la montagne de myrrhe,<br/>vers la colline encensée. »</q>
<!--4_7--><h2>La beauté de l'amour</h2>
<q><small>7</small>« Que tu es belle, | ô mon amie,<br/>tu es parfaitement belle, | sans un défaut.</q>
<!--4_8--><q><small>8</small>Ma fiancée, | tu vas venir avec moi, | tu vas venir du Liban,<br/>oui, du Liban avec moi.<br/>tu contempleras la plaine | du sommet de l'Amana,<br/>du Sénir et de l'Hermon.<br/>Là, les lions | ont leur retraite,<br/>et les panthères | se cachent dans les montagnes.</q>
<!--4_9--><q><small>9</small>Tu me fais perdre le sens, | ô toi, ma soeur, | ma fiancée,<br/>tu me fais perdre le sens | par un seul de tes regards,<br/>par un seul de tes joyaux | suspendu à tes colliers.</q>
<!--4_10--><q><small>10</small>Ton amour est délicieux | ô toi, ma soeur, | ma fiancée,<br/>oui, ton amour | exalte plus que le vin<br/>et la senteur | de tes parfums | exalte plus | que tous les baumes.</q>
<!--4_11--><q><small>11</small>Tes lèvres, ma fiancée, | distillent un nectar pur,<br/>et, sous ta langue, | coulent du miel et du lait,<br/>et le parfum | de tes habits | est tout pareil | à la senteur du Liban.</q>
<!--4_12--><q><small>12</small>Tu es un jardin bien clos, | ô toi, ma soeur, | ma fiancée.<br/>Tu es une source close, | une fontaine scellée.</q>
<!--4_13--><q><small>13</small>Tes rameaux sont un verger, | un verger de grenadiers<br/>portant les fruits les meilleurs :<br/>le henné avec le nard,</q>
<!--4_14--><q><small>14</small>le nard avec le safran | et la cannelle odorante, | le cinnamome,<br/>et toutes sortes | d'arbres donnant de l'encens,<br/>de l'aloès | et de la myrrhe,<br/>et les plus fins aromates.</q>
<!--4_15--><q><small>15</small>Tu es la source des jardins,<br/>un puits d'eaux vives,<br/>d'eaux ruisselant du Liban.</q>
<!--4_16--><q><small>16</small>Éveille-toi, Aquilon ! | Accours, Autan !<br/>Viens souffler sur mon jardin, | pour que ses parfums s'exhalent ! »</q><h2>Le jardin de l'amour</h2>
</p>
<q>« Que mon bien-aimé pénètre | dans son jardin<br/>et qu'il en goûte | les fruits exquis. »</q><!--4_f-->

<!--5_0--><!--5_1--><q><small>1</small>« Je viens, ma soeur, | ma fiancée, | dans mon jardin,<br/>je viens récolter ma myrrhe, | je viens cueillir | mes aromates,<br/>je viens manger mon rayon | avec mon miel,<br/>et je viens boire mon vin | avec mon lait.<br/>Mangez, amis, et buvez, | oui, buvez jusqu'à l'ivresse, | mes bien-aimés. »</q>
<t>Rendez-vous manqué</t><!--5_2--><q><small>2</small>« Je me suis endormie, | pourtant mon coeur veillait.<br/>J'entends mon bien-aimé frapper :<br/>“Ma soeur, mon amie, ouvre-moi,<br/>toi, ma colombe, | toi, ma parfaite,<br/>car j'ai la tête | couverte de rosée.<br/>Mes boucles sont trempées | des gouttes de la nuit.”</q>
<!--5_3--><q><small>3</small>J'ai ôté ma tunique, | comment la remettrais-je ?<br/>Et j'ai lavé mes pieds : | comment les salirais-je ?</q>
<!--5_4--><q><small>4</small>Mon bien-aimé avance | sa main par l'ouverture,<br/>mon coeur en a frémi</q>
<!--5_5--><q><small>5</small>et je me suis levée | pour aller lui ouvrir.<br/>De mes mains, goutte à goutte, | de la myrrhe a coulé,<br/>de la myrrhe onctueuse | a goutté de mes doigts<br/>jusque sur la poignée | du verrou de la porte.</q>
<!--5_6--><q><small>6</small>J'ouvre à mon bien-aimé.<br/>Hélas, mon bien-aimé | était déjà parti : | il s'en était allé,<br/>et son départ | me rendait éperdue.<br/>Je l'ai cherché, | mais ne l'ai pas trouvé.<br/>Et je l'ai appelé, | mais il ne m'a pas répondu.</q>
<!--5_7--><q><small>7</small>Les gardes m'ont croisée | en faisant le tour de la ville,<br/>les gardes m'ont frappée | et ils m'ont maltraitée.<br/>M'ont arraché mon châle, | les gardes des remparts.</q>
<!--5_8--><q><small>8</small>Ô filles de Jérusalem, | oh, je vous en conjure :<br/>si vous le rencontrez, | mon bien-aimé,<br/>annoncez-lui<br/>que je suis malade d'amour ! »</q>
<!--5_9--><h2>Le choeur</h2>
<q><small>9</small>« Qu'a donc ton bien-aimé | de plus qu'un autre ?<br/>Dis-nous, toi la plus belle | parmi toutes les femmes,<br/>oui, qu'a-t-il donc ton bien-aimé | de plus qu'un autre<br/>pour que tu nous conjures, | de façon si pressante ? »</q>
<!--5_10--><h2>Que tu es beau, mon bien-aimé</h2>
<q><small>10</small>« Mon bien-aimé | a le teint clair et rose,<br/>on le distinguerait | au milieu de dix mille.</q>
<!--5_11--><q><small>11</small>Sa tête est comme de l'or pur.<br/>Ses boucles sont flottantes<br/>comme un rameau de palme, | et d'un noir de corbeau.</q>
<!--5_12--><q><small>12</small>Ses yeux sont des colombes<br/>sur le bord des cours d'eau,<br/>ils baignent dans du lait<br/>et sont comme enchâssés | dans un chaton de bague.</q>
<!--5_13--><q><small>13</small>Ses joues ressemblent | à un parterre d'aromates<br/>exhalant leurs parfums.<br/>Ses lèvres sont des lis<br/>distillant de la myrrhe, | de la myrrhe onctueuse,</q>
<!--5_14--><q><small>14</small>et ses mains, des bracelets d'or<br/>incrustés de topazes.<br/>Son corps est d'ivoire poli<br/>émaillé de saphirs.</q>
<!--5_15--><q><small>15</small>Ses jambes sont semblables | à des piliers de marbre<br/>sur des socles d'or pur.<br/>Son aspect est pareil | à celui du Liban<br/>et d'une beauté sans égale, | comme les cèdres.</q>
<!--5_16--><q><small>16</small>Son palais est plein de douceurs<br/>et toute sa personne | est empreinte de charme.<br/>Tel est mon bien-aimé, | oui, tel est mon ami,<br/>ô filles de Jérusalem. »</q><!--5_f-->

<!--6_0--><h2>Le choeur</h2>
<!--6_1--><q><small>1</small>« Où est allé ton bien-aimé,<br/>ô toi la plus belle des femmes ?<br/>De quel côté s'est-il tourné, | ton bien-aimé ?<br/>Nous t'aiderons à le chercher. »</q>
<!--6_2--><h2>Le lien de l'amour</h2>
<q><small>2</small>« Mon bien-aimé | est descendu dans son jardin,<br/>vers ses parterres d'aromates,<br/>pour faire paître son troupeau<br/>et pour cueillir des lis | dans le jardin.</q>
<!--6_3--><q><small>3</small>Moi, je suis à mon bien-aimé | et mon bien-aimé est à moi,<br/>lui qui fait paître son troupeau | dans les prés pleins de lis. »</q>
<t>La plus belle de toutes</t><!--6_4--><q><small>4</small>« Que tu es belle, | ô mon amie, | comme Tirtsa.<br/>Tu es superbe | tout comme Jérusalem,<br/>et redoutable | comme des soldats rangés | sous leur bannière.</q>
<!--6_5--><q><small>5</small>Détourne de moi tes yeux, | car ils me troublent,<br/>ta chevelure | est comme un troupeau de chèvres<br/>aux flancs du mont Galaad.</q>
<!--6_6--><q><small>6</small>Tes dents ressemblent | à un troupeau de brebis<br/>qui reviendrait du lavoir.<br/>Chacune d'elles | a sa jumelle,<br/>aucune n'est solitaire.</q>
<!--6_7--><q><small>7</small>Tes joues ressemblent | à des moitiés de grenades<br/>dessous ton voile.</q>
<!--6_8--><q><small>8</small>Il y a soixante reines<br/>et quatre-vingts | épouses de second rang,<br/>des jeunes filles sans nombre.</q>
<!--6_9--><q><small>9</small>Mais une seule | est ma colombe | et ma parfaite.<br/>Pour sa mère, elle est unique.<br/>Elle est l'enfant préférée | de celle qui l'enfanta.<br/>Les jeunes filles, | en la voyant, | disent qu'elle est bienheureuse.<br/>Toutes les reines, | et les épouses | de second rang | font son éloge. »</q>
<!--6_10--><h2>Le choeur</h2>
<q><small>10</small>« Qui donc est celle | qui apparaît | comme l'aurore<br/>et qui est belle | comme la lune, | brillante comme un soleil<br/>mais redoutable | comme des soldats rangés | sous leur bannière ? »</q>
<t>Poussée par le désir</t><!--6_11--><q><small>11</small>« Je venais de descendre | au jardin des noyers<br/>pour regarder les pousses | dans le vallon<br/>et pour voir si la vigne | avait déjà fleuri,<br/>et si les grenadiers | étaient déjà en fleurs.</q>
<!--6_12--><q><small>12</small>Je ne sais pas comment | je me suis retrouvée, | poussée par mon désir,<br/>au beau milieu des chars | des hommes de mon prince. »</q><!--6_f-->

<!--7_0--><h2>Le choeur</h2>
<!--7_1--><q><small>1</small>« Reviens, reviens, | ô Sulamite !<br/>Reviens, reviens, | que nous puissions te contempler. »</q><h2>Une danse enivrante</h2>
</p>
<q>« Pourquoi voulez-vous voir la Sulamite<br/>dansant comme en un double choeur ? »</q>
<!--7_2--><q><small>2</small>« Que tes pas sont gracieux | dans tes sandales, | fille de prince !<br/>Le contour de tes hanches | ressemble à un collier,<br/>oeuvre de mains d'artiste.</q>
<!--7_3--><q><small>3</small>Ton nombril est comme une coupe | bien arrondie<br/>où le vin parfumé | ne manque pas.<br/>Ton ventre | est comme une meule de blé<br/>bordée de lis.</q>
<!--7_4--><q><small>4</small>Tes deux seins sont deux faons<br/>jumeaux d'une gazelle.</q>
<!--7_5--><q><small>5</small>Ton cou est une tour, | une tour en ivoire.<br/>Tes yeux sont des étangs, | des étangs de Hechbôn<br/>près de la porte Populeuse,<br/>et ton nez est semblable | à la tour du Liban<br/>postée en sentinelle | en face de Damas.</q>
<!--7_6--><q><small>6</small>Ta tête, sur ton corps, | est comme le Carmel<br/>et tes cheveux | ont des reflets de pourpre.<br/>Un roi est enchaîné | dans leurs ondulations. »</q>
<!--7_7--><q><small>7</small>« Que tu es belle | et que tu es gracieuse,<br/>ô mon amour, | ô fille délicieuse.</q>
<!--7_8--><q><small>8</small>Par ta taille élancée | tu es comme un palmier.<br/>Tes seins en sont les grappes.</q>
<!--7_9--><q><small>9</small>Alors j'ai dit : | “Ah, je vais monter au palmier,<br/>j'en saisirai les grappes.”<br/>Que tes seins soient pour moi | des grappes de raisin !<br/>Le parfum de ton souffle | rappelle celui de la pomme,</q>
<!--7_10--><q><small>10</small>et ton palais distille | le vin le plus exquis... »<br/>« Oui, un bon vin | qui va droit à mon bien-aimé,<br/>et glisse sur les lèvres | de ceux qui s'assoupissent. »</q>
<!--7_11--><h2>Viens donc, mon bien-aimé !</h2>
<q><small>11</small>« Moi, je suis à mon bien-aimé<br/>et c'est moi qu'il désire.</q>
<!--7_12--><q><small>12</small>Viens donc, mon bien-aimé, | sortons dans la campagne.<br/>Nous passerons la nuit | au milieu des hameaux,</q>
<!--7_13--><q><small>13</small>et nous nous lèverons | au matin, de bonne heure,<br/>pour aller dans les vignes,<br/>pour voir si elles sont en fleur | et si leurs bourgeons sont ouverts,<br/>si déjà sont sorties | les fleurs des grenadiers.<br/>Là-bas, je te ferai | le don de mon amour.</q>
<!--7_14--><q><small>14</small>Les mandragores | exhalent leur parfum.<br/>Nous avons, à nos portes, | des fruits exquis de toutes sortes,<br/>tant anciens que nouveaux.<br/>Pour toi, mon bien-aimé, | je les ai réservés.</q><!--7_f-->

<!--8_0--><!--8_1--><q><small>1</small>« Ah, que n'es-tu mon frère<br/>allaité par ma mère !<br/>Te rencontrant dehors, | je pourrais t'embrasser<br/>sans que l'on me méprise,</q>
<!--8_2--><q><small>2</small>je pourrais t'emmener, | je te ferais entrer | au foyer de ma mère,<br/>là, tu m'enseignerais<br/>et je te ferais boire | du bon vin parfumé<br/>de mon jus de grenades.</q>
<!--8_3--><q><small>3</small>Son bras gauche soutient ma tête<br/>et son bras droit m'enlace.</q>
<!--8_4--><q><small>4</small>Ô filles de Jérusalem, | oh, je vous en conjure,<br/>n'éveillez pas, | non, ne réveillez pas l'amour<br/>avant qu'il ne le veuille. »</q>
<!--8_5--><h2>Le choeur</h2>
<q><small>5</small>« Qui donc est celle-ci | qui monte du désert<br/>s'appuyant sur son bien-aimé ? »</q><h2>L'amour : fort comme la mort</h2>
</p>
<q>« C'est dessous le pommier | que je t'ai réveillé,<br/>à l'endroit où ta mère | t'avait conçu,<br/>oui, au lieu même où te conçut | celle qui devait t'enfanter.</q>
<!--8_6--><q><small>6</small>Mets-moi comme un sceau sur ton coeur,<br/>comme un sceau sur ton bras.<br/>L'amour est fort | comme la mort,<br/>et la passion | est indomptable | comme le séjour des défunts.<br/>Les flammes de l'amour | sont des flammes ardentes,<br/>les flammes de la foudre | venant de l'Éternel.</q>
<!--8_7--><q><small>7</small>Même de grosses eaux | ne peuvent éteindre l'amour,<br/>et des fleuves puissants | ne l'emporteront pas.<br/>L'homme qui offrirait | tous les biens qu'il possède | pour acheter l'amour n'obtiendrait que mépris. »</q>
<!--8_8--><h2>La petite soeur</h2>
<q><small>8</small>« Nous avons une soeur,<br/>elle est petite encore, | sa poitrine n'est pas formée,<br/>que ferons-nous pour elle<br/>lorsqu'il sera question | de la marier ? »</q>
<!--8_9--><q><small>9</small>« Si elle est un rempart,<br/>nous bâtirons sur elle | des créneaux en argent.<br/>Si elle est une porte,<br/>nous, nous la bloquerons | d'un madrier de cèdre.</q>
<!--8_10--><q><small>10</small>Moi, je suis un rempart,<br/>mes seins en sont les tours.<br/>Aussi ai-je trouvé la paix, | auprès de lui. »</q>
<!--8_11--><h2>La vigne de Salomon</h2>
<q><small>11</small>« Salomon avait une vigne | à Baal-Hamôn,<br/>il la remit à des gardiens.<br/>Pour en payer le fruit, | chacun d'eux lui donnait | un millier de pièces d'argent.</q>
<!--8_12--><q><small>12</small>Ma vigne est à moi, je la garde.<br/>Toi, Salomon, tu peux avoir | ton millier de pièces d'argent,<br/>puis, deux cents pièces | seront données à ceux | qui ont gardé ses fruits. »</q>
<!--8_13--><h2>Fais-moi entendre ta voix</h2>
<q><small>13</small>« Toi qui habites les jardins,<br/>des compagnons, prêtent l'oreille,<br/>oh ! fais-moi entendre ta voix ! »</q>
<!--8_14--><q><small>14</small>« Enfuis-toi vite, toi mon bien-aimé,<br/>et sois pareil à la gazelle | ou à un jeune faon,<br/>sur les monts embaumés. »</q><!--f_f-->